24.02.2011
Enfants des rues : fatalité ou responsabilité ? Par Alphonse Tay
Alphonse Tay travaille à l'Unesco depuis 1984 à l'administration du programme de coopération avec l'Unicef sur la protection, le développement et l'éducation de la petite enfance. Il est responsable du programme Education des enfants de la rue et des enfants travailleurs.
Pedro, un maigre mais beau garçon, accoutré d'une culotte et d'une chemise usées qui sont un peu trop grandes pour lui, a l'air d'avoir dix ans, mais il en a au moins quinze en réalité. Les trottoirs devant un grand magasin d'Ipanema, l'un des plus riches quartiers de Rio de Janeiro, constituent son domaine principal de survie, plus exactement celui de son petit groupe de gamins des rues. C'est là où, de préférence, il se débrouille pour survivre. Une bonne douche lui ferait du bien. Mais sa douche à lui, c'est l'eau de mer. Et il ne peut s'en servir qu'en été, lorsque la mer devient chaude. En d'autres saisons, peu lui importe l'hygiène du corps. Ses problèmes les plus importants sont alors le froid, la faim, la soif, un abri, la peur des « commandos anti-gamins des rues »... La plaie qu'il porte à une cheville a toutes les chances de s'aggraver davantage dans quelques jours faute de soins. Mais Pedro n'est pas toujours triste. Contre l'angoisse et la tristesse, il a ses copains et ses copines, mieux encore, son sac en plastique contenant de la colle, qui libère assez de vapeurs de dissolvants enivrants pouvant momentanément lui changer la vie. En cas de besoin, il lui suffit de plaquer l'ouverture du sac sur le nez pour se trouver dans un monde imaginaire de bonheur, loin de son environnement réel et infernal.
Depuis quelques années, il ne sait où Maria et Flavia, ses grandes soeurs de 16 et 18 ans, vivent du métier le plus vieux du monde. En fait, c'est la seule chose qu'il leur reste à faire dans leur condition d'exclues sociales, parce que c'est le plus facile des métiers, bien que ce soit aussi le plus dangereux, comme chacun le sait.
Il y a trois ans, Pedro devait, à son tour, quitter la maison, un taudis situé dans l'une des favelas ou bidonvilles les plus proches d'Ipanema pour se débrouiller et survivre dans la rue. Il n'avait que cinq ans lorsque Rodrigues, son père, alors chauffeur de camion dans une petite entreprise, avait été licencié pour faillite et n'arrivait plus à trouver un autre travail.
Des liens familiaux douloureux
N'ayant eu ni une éducation suffisante ni une véritable formation professionnelle parce que sa famille à lui était déjà pauvre, il ne pouvait rien entreprendre seul pour nourrir sa femme et ses enfants. Après son licenciement, les premiers temps, il s'était d'abord livré par désespoir au milieu des trafiquants de tout genre pour s'en sortir. Mais, humilié par la pauvreté et fatigué de bricoler pour survivre au moyen de petits boulots occasionnels par lesquels il se faisait abusivement exploiter, il était devenu, à la longue, une éponge à alcool. Puis il y avait définitivement troqué sa volonté de se battre pour une vie « normale » contre les faux paradis de la mort sociale, puis de la mort tout court à un terme pas très lointain, et assurée par le plaisir des drogues. Il n'avait plus alors d'aucun intérêt pour personne. Il avait fini par disparaître, et cela, depuis plusieurs années. Est-il toujours vivant quelque part à Rio ? Dans une autre ville ? A l'étranger ? En prison ? Est-il mort ? Nul ne sait. A cause de l'histoire de son père, Pedro est sans liens de famille élargie.
Malgré tout, il n'a jamais oublié son père ni cessé d'aimer l'image formidable, selon lui, qu'il en a gardée. Rodrigues lui manque cruellement. Alors il n'hésite pas d'idéaliser ses qualités personnelles devant ses copains chaque fois qu'il le peut et de fabuler sur ses talents et ses manières « uniques » de conduire un camion, qu'il raconte comme des exploits.
L'existence de Rosa, sa mère, d'origine pauvre, elle aussi, et qui a encore moins d'éducation, lui est précieuse. Pedro lui rend encore de rares visites qui réveillent en lui à la fois l'amour filial et le sentiment d'échec familial et social. Naturellement belle, elle survit, vaille que vaille, de petits boulots, source d'un peu de dignité, comme celui de la plonge, quand elle en trouve dans des restaurants de basse catégorie des quartiers pauvres. Mais Pedro ne pouvait pas s'entendre avec Rosa. Elle le battait fréquemment parce qu'il avait horreur de voir d'autres hommes venir prendre la place de père, l'instant d'un après-midi ou d'un soir, contre un peu d'argent, souvent sous ses yeux, puisqu'ils n'ont, tous les deux, dans leur bidonville, qu'une seule pièce qui sert à tout. Pourtant, tout n'était pas simple pour Rosa. Elle était encore un peu jeune et suffisamment séduisante. Ces visites mercantiles qui dégoûtent tant son fils mais qui étaient pour elle de véritables occasions de suspendre sa solitude affective et d'espérer faire la rencontre d'un prince riche et charmant avec qui elle pourrait faire le restant de sa vie, étaient toujours traversées par de soudains éclairs moraux, source d'un insupportable mépris d'elle-même. C'était à la fois des moments de joie et de confusion sentimentale où le sacrifice volontaire de sa dignité sur l'autel de la pauvreté était un drame douloureux auquel elle ne pouvait jamais s'habituer. Ce qui expliquait sans doute les violences qu'elle exerçait sur son fils et, avant lui, sur ses filles, qui avaient disparu du domicile. Mais que faire ? Seule, sans ressources et sans protection sociale, Rosa dépendait de l'argent de ces visites.
Cette petite histoire de Pedro est des moins dramatiques parmi celles des enfants et des familles définitivement pris au piège infernal de l'exclusion sociale. Des enfants comme Pedro, qui sont livrés à eux-mêmes, se comptent par centaines, que dis-je ? par milliers, dans les rues, non seulement à Rio (1), mais aussi dans toutes les grandes villes d'Amérique latine et ailleurs, que ce soit dans les pays en développement, en transition ou développés. A n'en pas douter, ce problème est devenu mondial. A l'heure actuelle, personne ne connaît leur nombre exact dans aucune ville. Néanmoins, en 1986, le Département du Conseil économique et social des Nations-Unies estimait le nombre des enfants des rues entre 30 et 170 millions dans le monde. Childhope les estimait à 100 millions en 1988 (2) et en 1994-1995, les organisations internationales concernées (BIT, OMS, ONU, Unicef) évaluaient leur nombre entre 100 et 130 millions dans le monde, dont 40 millions en Amérique latine, 5 millions en Afrique et 70 millions en Asie et le reste dans d'autres pays.
Un phénomène social
A en croire la presse internationale, c'est en Amérique latine que la gravité du problème en terme de violence souvent mortelle sur les enfants de la rue est la plus célèbre. Privés des vraies joies de l'enfance et de l'adolescence normale, beaucoup d'entre eux périssent précocement du dénuement ou des balles du mépris de leur dignité humaine et de leurs droits d'enfants (3). Ceux qui parmi eux en échappent ne vivent qu'en sursis. Ils végètent dans la détresse et trompent leur souffrance par la fuite dans l'imaginaire au moyen de comportements souvent autodestructeurs. Voulant vivre malgré tout, ils se forgent, dans la rue, une existence dangereuse et dans l'ignorance. Car, sans toit ni droits, ils se donnent une socialisation et une culture de rue en marge de celles de la société qui les rejette. Bon nombre d'entre eux n'ont jamais fréquenté l'école ou l'ont trop tôt abandonnée. Devenus adultes, ils seront analphabètes, comme Rodrigues le père de Pedro, ou au mieux illettrés. En attendant, un tourment quotidien les accompagne, constamment entretenu par la faim, la soif, des travaux périlleux et mal rémunérés, les endémies, la solitude, le manque d'affection, les harassements policiers, les tracasseries judiciaires, l'enfermement institutionnel, les prisons aux effets destructeurs pour la personnalité, les drogues, l'esclavage déguisé en travail domestique ou l'esclavage tout court, la prostitution, les abus sexuels et les graves maladies, comme celle du sida, que peuvent entraîner ces pratiques sexuelles...
Pour comprendre ce phénomène qui se développe inexorablement avec le temps on se pose des questions depuis des décennies sur ses causes, les moyens et les méthodes de le combattre ainsi que sur les origines et les identités de ses enfants. Les réponses à ces questions que l'on se posait déjà, vers 1920 en Argentine et au Mexique et après la seconde Guerre mondiale au Brésil puis, plus récemment à travers toute l'Amérique latine grâce à une forte médiatisation mondiale de l'information sur ce problème, sont à présent bien connues dans tous les pays de la région. La première cause incriminée est le caractère de l'enfant qualifié de « délinquant » qui refuse l'éducation familiale et scolaire. La deuxième est la qualité morale des parents que l'on considère comme irresponsables, sans autorité, etc. Viennent ensuite les causes abstraites relevant du domaine de la responsabilité sans faute c'est-à-dire l'efficacité de l'économie nationale, l'explosion démographique, la migration des populations rurales vers la ville, la guerre civile, etc. Et l'on ramène tout cela à un dénominateur commun : la pauvreté par laquelle on termine la boucle en culpabilisant les parents pauvres et les enfants en détresse. Jamais on ne pousse les interrogations au-delà des facteurs de la responsabilité sans faute. Et pourtant, nous savons tous que l'on ne naît pas délinquant et que la pauvreté en cette fin du XXe siècle et au cours du siècle à venir ne peut plus être considérée systématiquement comme un fait individuel relevant uniquement des qualités personnelles de ceux qui en sont victimes. La pauvreté relève aujourd'hui de plus en plus du domaine politique et social. C'est un fait devenu sociétal. De même, la croissance démographique (4) ainsi que l'analphabétisme peuvent être aujourd'hui difficilement rendus responsables du phénomène des enfants de la rue en Amérique latine. Quant aux solutions, elles sont en majorité privées et caritatives (ONG, organisations religieuses, personnes individuelles, etc.) et se limitent le plus souvent aux besoins fondamentaux de survi des enfants. Viennent ensuite les solutions internationales (divers programmes des agences du système des Nations-Unies) et enfin les solutions gouvernementales plus récentes et encore limitées en impact, surtout en matière d'éducation, où le rôle des Etats reste encore à envisager, à démarrer, à développer ou à améliorer, suivant les pays.
L'indifférence impossible
Les plus anciens intervenants en ce domaine en faveur de ces enfants restent et de loin les organisations religieuses. Mais la prolifération des ONG s'est considérablement accélérée depuis au moins une décennie. Ce qui est louable en tant que manifestation de la générosité à l'égard de l'enfance en difficulté. Mais c'est aussi en cet état de fait que réside le grand danger de la déresponsabilisation des Etats en ce domaine, si l'on n'y prend pas garde. L'exclusion sociale, surtout des enfants, avec l'ampleur qu'elle prend d'année en année, ne doit plus être laissée principalement entre des mains charitables. Une nouvelle solidarité impliquant l'ensemble des populations nationales devient nécessaire.
Car l'ampleur du phénomène des enfants de la rue nous interpelle tous parce qu'il s'agit d'un grave problème moral, une forme de violence infligée par les plus forts aux plus faibles, violence qui, « quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse, passe par moi, par toi, par lui, par nous, par tous, partout ! » (5). En outre, sa gravité pour l'humanité doit nous interdire l'indifférence. Mais en sommes-nous à l'abri ? Cette tragédie urbaine est si surprenante, ses causes si multiples et les responsables si difficiles à désigner que l'on pourrait, par accoutumance, être tenté de la considérer comme un simple maillon de plus dans la chaîne des paradoxes spectaculaires et tragiques de l'histoire universelle auxquels l'on finit toujours par s'habituer. En effet, d'un côté, l'humanité actuelle a des raisons évidentes d'être fière des réalisations libératrices et protectrices de son espèce contre l'adversité naturelle ou d'origine humaine dans tous les domaines du savoir et du savoir-faire de l'art, de la spiritualité et de l'éthique, ainsi que de la loi en tant que fondement de la société ordonnée. Attaché à l'idée d'un progrès infini considéré comme gage d'une amélioration automatique et constante de la personne, l'être humain a beaucoup maîtrisé son environnement matériel pour son bien-être. Et pourtant, il semble politiquement impuissant et moralement blasé à l'égard de ses faibles descendants.

Voilà en quoi le phénomène des enfants des rues me semble particulièrement grave et pourquoi le rôle des gouvernements est essentiel si l'on veut vraiment résoudre cette question et non en vivre.
19:07 Publié dans Enfance, Humanitaire / Urgence / Développement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.02.2011
la vente des bébés de la misère
Madagascar
Madagascar : la vente des bébés de la misère
(Syfia Madagascar) A Madagascar, la pauvreté pousse des femmes, souvent jeunes et peu instruites, à vendre leurs bébés à des étrangers qui sont prêts à payer jusqu'à 40 000 FF par enfant...

Depuis quelque temps, un étrange manège se déroule près de la poste d'Antaninarenina, en plein coeur de Tananarive. Des femmes arpentent le trottoir, leur bébé dans les bras, à la recherche, discrète, de touristes étrangers. Ces femmes jeunes, souvent peu éduquées sont là pour vendre leur enfant. Les touristes qui séjournent dans les hôtels aux abords de la poste, connaissent bien le manège. C'est pour y participer qu'ils sont venus. Attentifs, ils vont observer les enfants, soupeser du regard celui ou celle qui deviendra, moyennant finance, membre de leur famille. Lorsqu'ils auront choisi, il ne restera plus qu'à marchander avec la mère. Un enfant se monnaie jusqu'à 40 000 FF.
La vente des bébés n'est pas un secret à Madagascar. La "filière bébé", comme on l'appelle déjà, a fait plusieurs fois la une des journaux locaux car, outre les mères, elle implique nécessairement d'autres complicités. La plupart des ventes ont lieu dans les grandes villes, surtout à Tana, où sévit une pauvreté extrême : 70 % des ménages citadins ont moins de 240 000 Fmg (240 FF) par mois pour vivre et 58 % des foyers sont considérés comme "extrêmement pauvres". Pour ces familles démunies, un bébé vendu, c'est l'équivalent de plusieurs années de revenu.

Il n'existe pas de statistiques sur les parents qui vendent leurs bébés. Le marché reste évidemment clandestin. Mais tout indique que ce sont surtout les familles nouvellement installées qui ont recours à ce commerce de la dernière chance. Ces ménages sont les plus pauvres et ils sont de plus en plus nombreux : l'exode rural fait grossir de 6 % chaque année la population de Tana.
De la même façon, il est impossible de savoir qui sont les acheteurs. Tout ce que l'on sait, c'est que les demandes officielles d'adoption par des étrangers enregistrées au ministère de la Population varient entre 300 et 400 par an et qu'elles émanent surtout de parents d'origine européenne. Les pays demandeurs sont, par ordre d'importance, la France, la Belgique, l'Espagne et l'Italie. Les procédures d'adoption sont longues et difficiles. Elles peuvent prendre jusqu'à deux ans. L'achat d'un bébé, lui, se fait en quelques heures.
Trafic d'enfants.
Les femmes ne sont pas les seules à vendre leurs bébés. Récemment, une fausse Ong, "Dago Maitso" a été mise en examen à la suite d'une plainte déposée par les parents d'un bébé de six mois. Volé au marché, il avait été localisé dans une chambre de l'association, en compagnie de cinq autres bébés enlevés. L'enquête a révélé que cette association avait fait du trafic d'enfants une activité très organisée et lucrative. Avant les enlèvements, elle distribuait des vivres aux familles démunies afin de repérer celles qui étaient les plus défavorisées avec de nombreux enfants à charge. Son directeur vient d'être écroué.
Des Ong officielles tentent aussi d'aider les femmes. Mais leurs arguments ne pèsent pas lourd face à la misère. De plus, le niveau d'instruction des femmes en âge de procréer demeure très faible et les méthodes contraceptives peu utilisées (seules 19 % des Malgaches en emploient une).
Quand elles ne vendent pas leur enfant, certaines n'ont d'autre choix que de l'abandonner. Il n'est pas rare de retrouver un bébé dans une poubelle. C'est ce qui est arrivé au petit Ravintantsoa Moise Tovolala, ramassé dans un bac à ordures lorsqu'il avait deux jours. Moïse a pu être sauvé grâce au docteur Nourally, bien connu dans la capitale malgache. Depuis cinquante ans, ce médecin recueille les enfants abandonnés dans l'orphelinat qu'il a créé. Aux côtés de Moïse, ils sont actuellement quarante orphelins de la misère.
par Rivoherizo Andriakoto
14:15 Publié dans Droits de l'homme / Plaidoyer, Enfance, Nutrition / Sécurité alimentaire, Social / Médico-social | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : enfant de rues
19.02.2011
Madagascar
La pauvreté à Madagascar
Madagascar, un des nombreux pays en voie de développement dans le monde, est longtemps apparu comme une île riche de promesses au large de l’Afrique. Malheureusement, il est encore aujourd’hui dans un état de grande pauvreté.
Selon l’échelle du développement humain mondial, Madagascar occupe le 135ème rang sur 192 pays en terme d’IDH (Indicateur du développement humain du PNUD). Pourtant, en 1960, le RNB par habitant de Madagascar était au même niveau que celui de la Corée du Sud, qui l’a évidemment bien dépassé depuis !
Causes de la pauvreté à Madagascar
Multiples sont les raisons de cette pauvreté :
Mpangataka- La voie socialiste originale choisie en 1972 qui constitue une des causes du retard pris par l’économie. Citons la dégradation continue des infrastructures, les freins administratifs mis au développement des entreprises et des investissements, l’insécurité foncière et juridique…


- L’inflation de la monnaie, l’Ariary, qui est due essentiellement à la détaxation de produits électroménagers, voitures utilitaires, machines industrielles… Celle-ci qui avait pour but de permettre l’essor économique du pays n’a fait que l’aggraver.
- Les crises politiques, notamment celle qui s’est déroulée en 2002 et évidement celle de cette année. La première a suscité, entre autres, la hausse des produits de première nécessité à cause de la mise en place de différents barrages bloquant les échanges avec la capitale. Quant à la crise actuelle, elle est à la source de la destruction de beaucoup d’entreprises et à la perte de plusieurs milliers d’emplois.
- Le sens de la solidarité ou le Fihavanana des Malgaches, justement vanté. Les membres d’une même famille se soutiennent fidèlement les uns les autres, parfois aux dépens de l’initiative personnelle et de l’esprit d’entreprise.
Richesse agricole et misère humaine pauvreteComment expliquer que, dans un pays bien arrosé, où poussent de nombreuses cultures vivrières, où abondent poissons, zébus et animaux de basse-cour, où foisonnent richesses minières et forestières, 34% des enfants de moins de 5 ans souffrent d’insuffisance pondérale, 50% d’un retard de croissance modéré ou grave et près de 70% de la population vivent au-dessous du seuil de pauvreté?

Si vous vous hasardez à parcourir les quartiers des villes, en empruntant les transports en commun, vous apercevrez des gosses et même des grandes personnes en haillons sur une décharge publique, disputant âprement aux animaux quelques lambeaux de nourriture dénichés parmi les ordures. Et si vous allez dans les villages, vous rencontrerez inévitablement un père de famille agriculteur qui, à la période de soudure en attendant la prochaine récolte, n’a plus le moindre bol de riz à offrir à ses enfants et est obligé de s’endetter auprès de l’usurier du coin pour survivre.
Contrastes saisissants et bizarrement harmonieux
PauvreteA Antananarivo, deux mondes se côtoient sans se voir, participant à la même vie urbaine apparemment calme et paisible. Tout semble dans l’ordre des choses. La capitale malgache oscille entre la plus riche opulence et la plus sombre pauvreté.
Voyez cette petite fille de six ans tout au plus, qui marche avec son frère de trois ans son cadet, sales, pieds nus, déguenillés, leurs cheveux hisurtes n’ont jamais connu le peigne. Ils arpentent, sans relâche, les rues du centre ville à la recherche de la pièce. Celle que les touristes veulent bien leur donner. Une voiture passe. Un énorme 4x4 aux chromes rutilants. Au volant, un jeune en chemisette blanche arbore avec naturel le dernier cellulaire Motorola. Ils sont Malgaches et habitent la même ville.

22:30 Publié dans Economie sociale et solidaire, Enfance, Environnement, Humanitaire / Urgence / Développement | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : madagascar, enfants de rues
11.02.2011
12 février : Journée Internationale des enfants soldats
Aujourd'hui 12 Février, on célèbre la journée Internationale des enfants soldats.
Ces dernières décennies, la proportion des victimes civiles des conflits armés a augmenté de façon spectaculaire; elle dépasserait à présent les 90 %. La moitié environ de ces victimes est des enfants.
Au cours de la décennie écoulée, les conflits armés ont directement tué plus de 2 millions d'enfants. Ils sont plus de trois fois plus nombreux - au moins 6 millions - à avoir été frappés d'une invalidité permanente ou grièvement blessés.
Plus d'un million d'enfants ont été rendus orphelins ou ont été séparés de leur famille. Entre 8'000 et 10'000 enfants sont tués ou mutilés par des mines terrestres chaque année.
En 2002, le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant concernant la participation des enfants aux conflits armés est entré en vigueur. La Convention internationale des Droits de l'Enfant interdit la participation d'enfants de moins de 18 ans aux hostilités. Pourtant dans certains pays, un Protocole facultatif leur fait obligation de porter au-delà du minimum actuel de 15 ans l'âge du recrutement volontaire. Dans certaines sociétés, les enfants sont considérés comme adultes dès l'âge de 14 ou 15 ans. Un jeune de 15 ans qui rejoint un groupe armé peut donc être considéré comme un adulte combattant selon sa propre culture.
On estime que 300'000 enfants soldats - des garçons et des filles de moins de 18 ans, dont 120000 en Afrique. Ils ont moins de 18 ans, certains moins de 10 ans. L'histoire de ces enfants soldats est souvent la même : d'abord, ils sont enlevés de leur famille, puis ils sont enrôlés dans des groupes de combattants, souvent des rebelles en lutte contre l'armée de leur pays. Aux garçons, on apprend à se servir des armes. Drogués, ils sont envoyés au combat en 1er ligne. Les filles servent de bonnes dans les camps, ou sont mariées de force à des soldats. Certains sont recrutés de force ou enlevés, d'autres s'enrôlent pour fuir la pauvreté, la maltraitance et la discrimination, ou pour se venger des auteurs d'actes de violence commis à leur encontre ou contre leur famille.
Pendant les conflits armés, ils sont utilisés comme combattants, coursiers, porteurs ou cuisiniers, gardien, espion, messager, garde du corps, « détecteur » de mines..., les filles et les femmes sont fourni des services sexuels, elles sont menacées de viol, de violence, d'exploitation sexuelle, de traite, et d'humiliation et de mutilations sexuelles. L'utilisation du viol et d'autres formes de violence contre les femmes est devenue une stratégie dont se prévalent toutes les parties aux conflits, et ils sont utilisés par des adultes pour faire la guerre.
Le recrutement des enfants-soldats est majoritairement volontaire. Combiné avec des la pauvreté, le manque d'accès à l'éducation ou à une formation, la discrimination et la vulnérabilité, les enfants sont des cibles faciles pour le recrutement par des groupes armés. Les enfants orphelins, non accompagnés ou vivants dans un environnement familial difficile, y voient une solution à leurs problèmes, et faire partie d'un groupe armé semble plus sûr que de les affronter. La vengeance, l'identité communautaire et l'idéologie peuvent aussi influencer les enfants. Pourtant, le recrutement forcé est courant et est un processus soigneusement planifié, dans lequel les enfants sont enlevés et torturés. En cas de recrutement forcé, les recruteurs ciblent typiquement les lieux où les enfants sont les plus vulnérables et où ils sont rassemblés en grand nombre : les enfants sont notamment enlevés dans les écoles, les orphelinats, les camps de réfugiés, les stades et les églises. Les enfants sont évalués selon leur taille et leur condition physique. Pour les soumettre, les recruteurs n'hésitent pas à les violer, les battre, les torturer et même à assassiner les membres de leur famille... lorsqu'ils ne les obligent pas à le faire eux-mêmes.
Au République Démocratique du Congo Un ancien enfant soldat enlevé à l'âge de 13 ans a dit « Lorsqu'ils sont venus dans mon village, ils ont demandé à mon grand frère s'il était prêt à rejoindre la milice. Il avait tous justes 17 ans et il a dit non ; ils lui ont tiré une balle dans la tête. Ensuite ils m'ont demandé si je voulais m'engager, alors qu'est-ce que je pouvais faire- je ne voulais pas mourir. ». http://www.amnesty.ch/fr/themes/autres/enfants-soldats/te...
« Ils vous donnent une arme à feu, et vous devez abattre votre meilleur ami. Ils font ça pour voir s'ils peuvent vous faire confiance. Si vous ne le tuez pas, votre ami reçoit l'ordre de vous tuer. J'ai dû le faire, parce que sinon j'aurais été tué. C'est pour ça que je suis parti. Je ne pouvais plus supporter tout ça. » Colombie, garçon recruté à l'âge de 7 ans par un groupe paramilitaire, alors qu'il était enfant des rues. http://www.amnesty.ch/fr/themes/autres/enfants-soldats/te...
Quand les conflits s'éteignent, les groupes armés se séparent, et les enfants soldats sont démobilisés. Mais le retour à la vie normale est difficile. Il faut rattraper le retard scolaire, apprendre un métier. De plus, ces enfants sont perturbés moralement et dans leur comportement, et refusent de se soumettre à l'autorité des adultes. Quel avenir pour les enfants soldats ?
19:30 Publié dans Droits de l'homme / Plaidoyer, Enfance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : guerre, enfants soldats
08.02.2011
Le riz hors de prix, les rations quotidiennes très limitées
Un massacre indirect : la consommation du riz, aliments de base des Malagasy devienne un luxe dont tout les Malagasy n'arrivent pas à s'en procurer.
L'avenir d'une grande part de la population reste sombre, la hausse des prix des produits de première nécessité au niveau national est une réalité. Les données de L'Institut National le la Statistique montrent que sur la période allant de l'année 2000 à l'année 2010, les prix des produits de première nécessité dans la Grande île ont connu une augmentation de 170%. Si on considère un taux de croissance annuel de 10 % des prix de ces produits, on arrive à obtenir à peu près cette même augmentation durant toute la période. On peut tirer de cette hausse de prix la perte de pouvoir d'achat des ménages au fil du temps, les entraînant dans une pauvreté plus profonde. Si les prix des produits de première nécessité haussent de 10 % (voir l'évolution du glissement annuel de l'indice de prix à la consommation de l'INSTAT), la hausse de revenu des ménages croit moins vite, le pouvoir d'achat tend à la baisse. L'inflation est là.
Ces dernières semaines, une hausse déchaînée des prix concernent la majorité des Produits de Première Nécessité s'est palpable sur la vie quotidienne des Malagasy. Sur le marché, les prix du riz culminent à 1 600 Ar le kilo, 4800 Ar le litre de l'huile de table et 3700 Ar le kilo de sucre. L'eau et électricité n'est pas en reste.
Le prix du riz atteint des sommets, il s'élève à plus de 1600 Ar le kilo chez le détaillant. La majorité du peuple Malagasy ont du mal à s'en procurer. Il n'arrive plus à acheter du riz. Dans certains ménages, habitué à en manger trois fois, le « vary sosoa maraina » (petit déjeuner) à Midi et le soir. Ils ne mangent plus que deux fois par jour. La quantité du repas quotidien a été réduite afin de limiter les dépenses. D'autres essaient de remplacer le riz par d'autres aliments riches en amidon pomme de terre, maïs, pattes,...

La consommation de riz devient alors un luxe qui n'est pas accessible à tous les Malagasy. Un massacre indirect étant donné que le riz est l'aliment de base des Malagasy. Le riz commence à disparaître des tables. Les 32 000 tonnes de riz importé permettant de faire descendre le prix du kilo à 1180 Ar que le gouvenrement Malagasy a promis l'arrivée très prochaine, n'est même pas sur le marché. En plus, on ne sait même pas qui va distribuer ce riz et qui pourra l'acheter, où il sera vendu.
Devant de telle hausse de prix qui semble ne pas inquiéter les personnes qui prétendent aimer leur nation plus que tout. Ne voient-ils pas que le peuple souffre et qu'il a besoin de se nourrir pour survivre ? Le peuple se meurt en subissant sans le vouloir les conséquences de cette crise.
20:07 Publié dans Crises / Catastrophes, Culture, Humanitaire / Urgence / Développement, Nutrition / Sécurité alimentaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : malagasy, riz, pauvreté
02.02.2011
les conséquences des fortes pluies dans la partie Sud de Madagascar
SUD OUEST DE MADAGASCAR : DES DEGATS DES PLUIES
La pluie ne cesse de tomber depuis la semaine dernière. Pour Antananarivo, On observe une légère montée des eaux. Les pluies torrentielles sont aussi le lot des autres régions, notamment à Tulear II, Betioky, Amboasary Sud. Les fortes pluies et incessantes ont généré des dégâts considérables dans la partie Sud de l'île. Les crues des rivières et fleuves comme ceux de Fiherenana, d'Ilinta, d'Onilahy et de Mandrare entraînent, à part les 960 sinistrés, 03 personnes disparues et une centaine de cases détruites d'après le bilan provisoire du Bureau National de la Gestion des Risques et des Catastrophes BNGRC.
A Amboasary, la montée des eaux du fleuve de Mandrare a fait 553 sinistrés et a causé la disparition d'une personne. Entre Antsalova et Maintirano, une portion de route est coupée. La route qui relie la capitale (Tananarive )vers Fort Dauphin passant par cette zone est inaccessible à cause de la montée des eaux qui inondent les radiers. Ainsi, dans le district de Betroka, on compte près
de 400 personnes sont déclarées sinistrées dont la majorité sont constituées de voyageurs d'Antananarivo vers Fort Dauphin, Ils sont bloqués sur la route.
A Ambatomainty, un militaire s'est noyé. Au niveau de la commune deTongobory dans le district de Betioky Sud, l'Onilahy a déjà emporté une personne et une voiture tout terrain.
Le lit de la fleuve Onilahy au temps sec
Des pertes et dégâts Matériels
Par ailleurs, les infrastructures publiques à savoir les écoles primaires, le bureau des postes et de télécommunications, le centre de formation professionnelle ainsi que les centres de santé de base ainsi que les infrastructures routières sont également menacées par l'inondation et la rupture de ces digues protégeant ces fleuves.
En outre, le grand problème ne s'arrête pas puisque ces sinistrés manquent d'eau potable. D'après une presse écrite de Madagascar, Dans la ville d'Ejeda, la rivière d'Ilinta menace aussi la population locale d'un éventuel débordement. La station de pompage locale est complètement détruite et, de ce fait, l'accessibilité de la population à l'eau potable est très difficile. Les maladies telles la diarrhée et la maladie des mains sales sont à craindre. Par ailleurs les champs de culture sont déjà sous l'eau. Et finalement, des centaines de cases se trouvent dans l'eau ou démolis, on compte des centaines des cases détruites.

Des cases "trano Vondro" des cases pré fabriquées, fait a partir des Jonc
Des materiels de construction pour le "Trano Vondro"
Les fortes pluies causées par la zone de convergence intertropicale (ZCI) ont favorisé les inondations de la région Sud-Ouest de Madagascar.
16:15 Publié dans Crises / Catastrophes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : madagascar, innondation, pluies



