28.01.2012

Pierrot Men met son oeuvre au service de l'education à Madagascar

1-AndolahoTananarive2000.jpgLa grande figure de la photographie malgache Pierrot MEN 2-LenfantaubonnetFianarantsoa1995.jpgà qui Les Editions de l’œil viennent de consacrer une monographie intitulée « Chroniques malgaches » participe, par le droit d’exploitation de 20 de ses photographies qu’il a cédé au Ministère de l’Education Nationale malgache en novembre 2011, au projet intitulé« DECLIC ».

Ce projet réalisé dans le cadre de la coopération franco-malgache est parti de plusieurs constats :

1-       La demande de production d’outils d’enseignement locaux est récurrente de la part des partenaires malgaches : Ministère de l’Education Nationale, Institut National de Formation Pédagogique, chefs d’établissement et enseignants.

2-       Le ratio actuel dans les écoles primaires est évalué à 1 manuel pour 15 élèves par la Direction des Curricula et des Intrants (DCI) et les dotations, dans le secondaire, relèvent de dons associatifs correspondant aux programmes d’enseignement français.

3-       Les besoins et les demandes en outils axés sur l’expression dans les établissements scolaires publics et privés sont importants.

4-       Le manque de formation des enseignants à l’autonomie didactique, à la créativité et aux techniques d’enseignement de type communicatif est identifié.

Une équipe franco-malgache regroupant deux experts français mis à disposition du MEN (l’une didacticienne, l’autre photographe), un expert de l’Alliance Française de Madagascar et un enseignant de collège est mobilisée autour de ce projet validé par le MEN en novembre 2011.

« DECLIC », c’est un kit photos pour l’enseignant et pour la classe d’activités de déblocage linguistique dont les objectifs généraux sont les suivants:

1) Proposer un outil d’enseignement du français produit localement :

-          contextualisé du point de vue du contenu culturel,

-          adapté aux besoins des élèves et aux compétences des enseignants,

-          d’appropriation simple et rapide, motivant, ne nécessitant pas de formation systématique,

-          dont le concept puisse être reproduit par les enseignants qui le désirent,

-          qui puisse faire l’objet d’une version papier peu onéreuse et d’une version numérique,

-          qui valorise un art et ses artistes à Madagascar et qui valorise le pays et ses habitants.

2) Didactiser des documents authentiques malgaches (photographies) en vue de produire et diffuser un outil d’enseignement du français ancré dans la culture du pays et axé sur les compétences actuellement déficientes en classe :

  1. Expression orale
  2. Expression écrite

3) Former les enseignants à un modèle didactique reproductible à partir d’autres documents authentiques ou d’une base de données photographiques disponibles dans les établissements, sur certains sites spécialisés et dans les CRINFP.

Public visé :

  • Elèves : 6ème, 5ème (collège)
  • Professionnels : enseignants de français de 200 établissements et structures (collèges publics et privés de 7 zones cibles et 29 Alliances françaises) intervenant au niveau charnière primaire/secondaire, INFP et CRINFP.

Dans un deuxième temps, une version numérique du kit lui-même et des modules de formation à son utilisation sera mise à disposition dans les structures du MEN et sera disponible sur certains sites spécialisés.

Un fonds photographique numérique sera constitué grâce à des dons de photographes malgaches et étrangers (de renom ou non) qui accepteront qu’une exploitation gratuite et non-commerciale de leurs œuvres soit faite dans un cadre pédagogique.

L’appropriation du modèle par les enseignants devra être facilitée par le biais de la mise à disposition de ces photos en tant que ressources (en ligne) mobilisables au sein des structures du MEN, des centres de ressources et des Alliances Françaises.

L’idée est que l’outil de départ soit utilisé en classe mais qu’il motive également les enseignants à une appropriation personnelle de la technique d’animation du cours de langue et de la didactisation de documents authentiques.

16.04.2011

La pauvrete a Madagascar

Madagascar, un des nombreux pays en voie de développement dans le monde, est longtemps apparu comme une île riche de promesses au large de l'Afrique. Malheureusement, il est encore aujourd'hui dans un état de grande pauvreté. Selon l'échelle du développement humain mondial, Madagascar occupe le 135ème rang sur 192 pays en termes d'IDH (Indicateur du développement humain du PNUD). Pourtant, en 1960, le RNB par habitant de Madagascar était au même niveau que celui de la Corée du Sud, qui l'a évidemment bien dépassé depuis !

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Causes de la pauvreté à Madagascar

Multiples sont les raisons de cette pauvreté :

 

- La voie socialiste originale choisie en 1972 qui constitue une des causes du retard pris par l'économie. Citons la dégradation continue des infrastructures, les freins administratifs mis au développement des entreprises et des investissements, l'insécurité foncière et juridique...

 

- L'inflation de la monnaie, l'Ariary, qui est due essentiellement à la détaxation de produits électroménagers, voitures utilitaires, machines industrielles... Celle-ci qui avait pour but de permettre l'essor économique du pays n'a fait que l'aggraver.

 

- Les crises politiques, notamment celle qui s'est déroulée en 2002 et évidement celle de cette année. La première a suscité, entre autres, la hausse des produits de première nécessité à cause de la mise en place de différents barrages bloquant les échanges avec la capitale. Quant à la crise actuelle, elle est à la source de  la destruction de beaucoup d'entreprises et à la perte de plusieurs milliers d'emplois.

 

- Le sens de la solidarité ou le Fihavanana des Malgaches, justement vanté. Les membres d'une même famille se soutiennent fidèlement les uns les autres, parfois aux dépens de l'initiative personnelle et de l'esprit d'entreprise.

 

Richesse agricole et misère humaine


Comment expliquer que, dans un pays bien arrosé, où poussent de nombreuses cultures vivrières, où abondent poissons, zébus et animaux de basse-cour, où foisonnent richesses minières et forestières, 34% des enfants de moins de 5 ans souffrent d'insuffisance pondérale, 50% d'un retard de croissance modéré ou grave et près de 70% de la population vivent au-dessous du seuil de pauvreté?

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Si vous vous hasardez à parcourir les quartiers des villes, en empruntant les transports en commun, vous apercevrez des gosses et même des grandes personnes en haillons sur une décharge publique, disputant âprement aux animaux quelques lambeaux de nourriture dénichés parmi les ordures. Et si vous allez dans les villages, vous rencontrerez inévitablement un père de famille agriculteur qui, à la période de soudure en attendant la prochaine récolte, n'a plus le moindre bol de riz à offrir à ses enfants et est obligé de s'endetter auprès de l'usurier du coin pour survivre.

Contrastes saisissants et bizarrement harmonieux

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A Antananarivo, deux mondes se côtoient sans se voir, participant à la même vie urbaine apparemment calme et paisible. Tout semble dans l'ordre des choses. La capitale malgache oscille entre la plus riche opulence et la plus sombre pauvreté. Voyez cette petite fille de six ans tout au plus, qui marche avec son frère de trois ans son cadet, sales, pieds nus, déguenillés, leurs cheveux hirsutes n'ont jamais connu le peigne. Ils arpentent, sans relâche, les rues du centre ville à la recherche de la pièce. Celle que les touristes veulent bien leur donner. Une voiture passe. Un énorme 4x4 aux chromes rutilants. Au volant, un jeune en chemisette blanche arbore avec naturel le dernier cellulaire Motorola. Ils sont Malgaches et habitent la même ville

 

Madagascar est un des pays les plus pauvres du monde. L'économie est largement basée sur l'agriculture, les exploitations minières, la pêche, et l'industrie textile. Un des produits les plus connus de Madagascar est la vanille, qui provient d'une orchidée. Il faut deux ans à une gousse de vanille pour pousser, donc elle est vendue assez cher.

Malgré le prix relativement élevé de la vanille, le Malgache moyen gagne environ 1 dollar par jour, et 70% des Malgaches vivent en dessous du seuil de pauvreté. Environ la moitié des enfants malgaches de moins de 5 ans souffrent de malnutrition.

Pourquoi Madagascar est-elle si pauvre ? Il y a plusieurs raisons à cela. Sous l'ancien dictateur Didier Ratsiraka, la corruption était répandue au sein du gouvernement qui volait la plupart de l'aide monétaire étrangère. Pendant la période coloniale, l'économie était limitée à l'extraction des ressources naturelles (industrie du bois, exploitation minière, pêche). Cela ne favorisait pas une croissance économique de long terme, puisque les ressources s'amenuisaient à mesure qu'elles étaient exploitées. C'est ce qu'on appelle le colonialisme économique.

De plus à cause du manque d'infrastructures (en particulier routières), les fermiers ont des difficultés à vendre leurs produits sur les marchés. La situation géographique de Madagascar, isolée du continent, accroît le coût des échanges commerciaux. Tout ce que Madagascar produit ou veut acheter aux autres pays doit être acheminé par avion ou par bateau. À cause de la médiocrité du système éducatif, il est difficile pour les jeunes Malgaches de trouver du travail en dehors du secteur agricole, et peu d'habitants de Madagascar ont accès à la technologie ou à Internet.

Enfin, les dégâts environnementaux ont réduit les rendements de l'agriculture vivrière (celle qui permet aux fermiers de manger ce qu'ils produisent). Tous ces facteurs contribuent à la pauvreté de Madagascar.

Pourtant, tout n'est pas perdu. En 2005, Madagascar a annoncé qu'elle avait trouvé de grands gisements de pétrole. Le pétrole sera donc probablement un élément clé de l'économie malgache dans les années à venir, avec l'exploitation minière, la production de pierres précieuses (Madagascar a beaucoup de saphirs), et le tourisme. L'écotourisme, une forme de tourisme qui minimise l'impact sur l'environnement, peut favoriser la croissance de l'économie tout en protégeant les espaces naturels et la faune.